LA RÉGENCE D 'ALGER

ET LE MONDE TURC

LA RÉGENCE AUX XVIIIe ET XIXe SIÈCLES


LA VIE RELIGIEUSE ET L'ENSEIGNEMENT

LES CONFRÉRIES.

— Au Maghreb où le culte des saints a toujours été vivace se constituèrent de véritables ordres religieux. C'étaient des sociétés secrètes dont les membres, liés par des rites communs, une obéissance absolue au chef ou Cheikh, se considéraient comme des frères ou Khouan.

— Certaines de ces confréries avaient seulement une importance locale : les Rahmania de Kabylie. D'autres rayonnaient sur le Maghreb tout entier, voire même sur le monde de l'Islam : Taïba. Kadria, Chadelia...

— Les Turcs eurent à combattre leurs insurrections au début du XIXème siècle

 

L'ENSEIGNEMENT.

Écoles coraniques.

— Comme en Europe à la même époque. l'Enseignement n'était pas un service public. La piété des populations favorisa le développement de nombreuses écoles coraniques. Le taleb ou maître d'école, y enseignait les versets du Coran, les rudiments de l'écriture arabe et les préceptes religieux.

Médersas et Zaouïas.

— Un enseignement plus élevé était donné dans les Médersas et les Zaouïas, établies auprès des mosquées, sous la direction du corps des Oulémas. Ces écoles supérieures auraient compté jusqu'à « 2 à 3.000 élèves par province » (Emerit). On peut citer les Médersas de M'sila, de Sidi Abd er-Rahman Ilouli (Grande Kabylie), Mazouna (Oranais), spécialisée dans le Droit musulman, Chellata de Sidi Ali Chérif (commune d'Akbou). La tradition rapporte que l'Imam de la mosquée de Sidi Ramdan à Alger, derrière l'actuel boulevard de Verdun, enseignait les successions, la géométrie et l'astronomie.

— Les étudiants étaient logés et nourris gratuitement sur les revenus de fondations pieuses, (habous). Ils pouvaient également être hébergés ou entretenus par des particuliers aisés. A la bonne saison, ils se répandaient à travers la contrée pour collecter des fonds. A la fin de leurs études, ils choisissaient la carrière religieuse ou la carrière judiciaire.